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Réhabiliter une maison ancienne, c'est ouvrir une porte sur son histoire. Chaque mur garde une trace du temps. Chaque pièce raconte une façon d'habiter.
Mon métier, c'est de trouver l'équilibre. Garder ce qui donne son âme à la maison. Ajouter ce qui la rend vivable aujourd'hui.
Dans cet article, je vous partage mes clés pour réhabiliter sans trahir et répondre à la question : comment transformer une maison ancienne en un vrai chez-soi ?
Qu'est-ce que l'on choisit de préserver quand on réhabilite une maison ancienne ?
Avant de toucher à quoi que ce soit, j'observe. Je cherche ce qui porte la logique de la maison, ses volumes et son ossature.
Comment les anciens occupants utilisaient-ils ces pièces ? Comment circulaient-ils entre chacune d'elles ? Quels étaient les endroits où l'on s'attardait, et ceux qu'on traversait vite ?
Ce temps d'observation permet d'identifier les éléments structurants. Mais aussi les détails qui racontent l'histoire de la maison : une pierre apparente ici, une poutre ancienne là.
Le CAUE Occitanie le rappelle dans ses recommandations : il suffit parfois de gratter un enduit pour découvrir une porte oubliée depuis des décennies.
Sur le projet des Tilleuls, à Montpellier, j'ai gardé les arbres centenaires en place et pensé la piscine pour qu'elle s'intègre au paysage existant. Préserver va au-delà d'une pierre ou d'une poutre. C'est respecter ce qui donne déjà sa force à un lieu. Et petit à petit, je hiérarchise. Je choisis ce qui doit rester. Je définis ce qui peut être transformé.
Comment le confort moderne devient-il une clé pour se sentir chez soi ?
Quand on fait le choix de réhabiliter sa maison, certains éléments dépassent le simple détail. Ils deviennent la condition pour habiter vraiment, pour se sentir bien chez soi.
Le confort, je le pense toujours avec la maison, jamais contre elle.
Un mur ancien en pierre garde souvent en lui un équilibre thermique précieux. Le CAUE Occitanie le rappelle : les matériaux à forte inertie thermique, comme la pierre ou la terre cuite, régulent naturellement la température d'une maison. Mieux vaut s'appuyer sur cette qualité que l’altérer avec un isolant inadapté.
La lumière aussi se repense. Une verrière ou un puits de lumière suffisent parfois à tout changer, en respectant la structure d'origine.
Et la circulation entre les pièces peut s'assouplir. Ouvrir une cuisine sur un séjour se fait à condition de respecter les murs porteurs.
Comment les matières relient-elles l'ancien et le neuf dans une réhabilitation ?
Selon la saison, la pierre a cette capacité à garder la fraîcheur ou retenir la chaleur. Le bois vieillit et change de couleur avec les années. La chaux respire et laisse le mur vivre avec l'humidité. Ces matières ont toujours quelque chose à dire. Elles portent une teinte, une histoire propre au lieu.
Une pierre existante, une poutre qu'on garde apparente témoignent d'un temps passé. À côté, un geste contemporain s'inscrit dans une autre écriture. Ensemble, ils composent la même maison, à deux époques différentes.
Dans Les Sept Lampes de l'architecture, l'architecte anglais John Ruskin consacre sa septième lampe au Souvenir. Pour lui, une matière ancienne raconte son passé sans nostalgie. Chaque trace, chaque usure, garde quelque chose de vivant. À chaque réhabilitation, cette idée me guide. Poser une matière neuve à côté d'une matière ancienne, c'est prolonger ce qui existe déjà.
Réhabiliter une maison ancienne, c'est faire vivre deux temps dans un même lieu. Et c'est précisément dans cette coexistence qu'on finit par se sentir chez soi.
Hugo Capela-Laborde, architecte HMONP basé à Montpellier, accompagne ses clients dans leurs projets de réhabilitation de maisons anciennes en Occitanie.